Les villes intelligentes ne sont plus un concept futuriste. Dans des villes comme Berlin, elles sont aujourd’hui pleinement opérationnelles et repoussent même les limites de la façon dont l’Internet des Objets (IdO) relie tous ensemble les entreprises, l’infrastructure publique et les gens.

De nombreuses villes introduisent un large éventail d’applications urbaines intelligentes connectées, y compris de multiples installations de caméras de surveillance, le contrôle de la gestion des déchets connectés, l’éclairage, le stationnement, le contrôle de la circulation, les transports publics, la surveillance de la pollution et des conditions météorologiques. Nous assistons également à des innovations telles que les soins à distance des patients par les prestataires de soins de santé, l’amélioration de l’efficacité de la chaîne de production par les fabricants, le suivi et le contrôle de la flotte par les entreprises logistiques : les possibilités de la ville intelligente sont nombreuses, variées et en croissance.

Cependant, la croissance des villes intelligentes ralentira si les ressources ne sont pas investies dans le développement de l’épine dorsale fondamentale de ces projets, c’est-à-dire des systèmes efficaces de couverture mobile. Cela inclut la couverture 4G et éventuellement 5G, ainsi que la connectivité LPWAN (réseau longue distance à faible consommation d’énergie) qui peut prendre en charge des centaines de millions de dispositifs de détection d’une ville intelligente à un faible coût.

Mais, il y a un problème, soit celui de la connectivité. En fait, partout là où il y a des possibilités, il y a aussi de l’adversité. Le problème de la connectivité des villes intelligentes est partagé entre trois grandes parties prenantes : les opérateurs doivent fournir une couverture et des solutions de capacité à de multiples sites dans une ville à l’intérieur d’un budget ; les propriétaires/entreprises de sites doivent également fournir une couverture et une capacité pour s’assurer de ne pas perdre de revenus sur les clients en raison de la mauvaise connexion mobile dans leurs installations ; les autorités municipales doivent travailler à la fois avec les opérateurs et les propriétaires de sites pour assurer une couverture adéquate de la ville, tout en mettant en place ce qui est nécessaire pour un développement durable, concurrentiel et intelligent en matière d’infrastructures urbaines.

Quand on y regarde le moindrement de près, l’environnement urbain exacerbe les défis du déploiement de la couverture de la téléphonie mobile. Premièrement, les matériaux de construction utilisés pour construire des villes intelligentes densément peuplées contiennent souvent des matériaux réfléchissants et denses qui peuvent empêcher toute radiofréquence (RF) de se propager dans de nombreuses structures. Les initiatives de construction écologique ont également des exigences qui ont une incidence sur les signaux RF. Ils sont souvent atténués par l’utilisation accrue de verre à faible émissivité (métaux dans le verre) et d’isolant réfléchissant (à feuille).

Tous les numéros
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Les sous-sols et les garages de stationnement en sont d’autres exemples, car ils sont habituellement entourés de béton et de barres d’armature qui empêchent les signaux RF d’atteindre l’intérieur. De même, alors qu’un bâtiment lui-même peut être construit avec des matériaux qui supportent des signaux RF puissants, les bâtiments d’une zone urbaine dense peuvent souvent être protégés par des bâtiments voisins, ce qui entraîne une faible couverture.

Existe-t-il pour autant des solutions ? En fait, une solution économe en énergie, rentable et évolutive qui prendra en charge les modèles de villes intelligentes, dont les applications IdO et M2M et les utilisateurs mobiles, seront nécessaires. De plus, les réseaux doivent être en mesure d’assurer de solides communications de sécurité publique pour les services d’urgence afin de prévenir les dommages et d’assurer la sécurité des personnes dans ces nouveaux environnements intelligents.

Ainsi, les systèmes d’antennes distribuées numériques intelligentes (idDAS), basés sur l’approche C-RAN (Cloud-radio access network), apparaissent aujourd’hui comme l’architecture réseau critique pour répondre aux différents besoins de connectivité des villes intelligentes. Le DAS numérique offre une méthode rentable et économe en énergie pour offrir une couverture et une capacité maximales à presque tous les environnements. Cette approche facilitera la croissance et le développement d’environnements urbains reliés entre eux, avec des capacités facilement et économiquement extensibles en fonction des besoins.

Les villes intelligentes imposent des exigences de couverture incroyablement lourdes aux réseaux. Au fur et à mesure que les personnes et les entreprises se connectent de plus en plus les unes aux autres et que la technologie se développe grâce à l’IdO, les fournisseurs de services doivent investir judicieusement dans une technologie qui non seulement permet une meilleure expérience pour tous les abonnés, mais qui assure également la mise en place d’un réseau de communications robuste pour les services d’urgence.

Yvon Roché, urbaniste