La mobilité à la demande, le covoiturage, et les véhicules électriques deviennent monnaie courante. Cependant, cela signifie-t-il pour autant que cette mobilité puisse être qualifiée d’intelligente ?

Si on part de l’idée que les transports intelligents sont essentiels à la création de villes intelligentes, qu’entend-on exactement par « intelligence » ? Qui a la responsabilité de créer et d’entretenir le réseau croissant de moyens de transport dans une ville ?

Tout d’abord, le partage est la seule façon de permettre aux gens de tous les horizons et de toutes les classes sociales de se déplacer quand ils le souhaitent. La seule façon de rendre l’utilisation à la demande universellement abordable est de réduire le coût par trajet, et pour ce faire, il faut partager les trajets.

En fait, le partage réduit grandement le nombre de kilomètres parcourus par les véhicules grâce à une meilleure agrégation des passagers, ce qui, en fin de compte, réduit la congestion et les émissions de carbone.

Autrement, le partage accroît l’efficacité spatiale des transports, ce qui permet aux organismes de réglementation des villes et des ministères des transports de récupérer l’espace de rue des voitures et de le réorienter vers les gens. Plus de parcs, de trottoirs plus larges, de parklets, de parc urbains. Cela aura un impact transformationnel sur la qualité de vie dans les villes.

Le cadre pour un transport intelligent commence tout d’abord par l’infrastructure. L’infrastructure est-elle intelligente et connectée ? L’effet de levier des actifs urbains et technologiques est-il approprié ? Faisons-nous non seulement de l’entretien préventif, mais aussi de l’entretien prédictif, c’est-à-dire de l’entretien qui nous permet d’anticiper avant que quelque chose ne se brise et qu’il faut réparer ?

Verdir la ville un arbre à la fois
Objectif zéro-déchet

Les données sont peut-être la plus grande opportunité que nous ayons d’avoir un impact à grande échelle pour un investissement relativement faible. Et cela peut être utilisé pour tout, depuis les opérations quotidiennes en temps réel jusqu’à la prise de décision. Décidez-vous de réacheminer ce train ? Vous quittez la station ou vous la gardez ? Comment pouvez-vous le rendre plus efficace ?

Concrètement, le transport intelligent consiste à lier l’innovation en matière de politiques municipales et de solutions innovantes. De là, il faut considérer deux aspects relatif au transport intelligent. Étant donnée que les entreprises, qui travaillent dans le transport pour compte d’autrui en utilisant des plateformes de partage d’information et de réservation, attirent déjà des milliers de nouveaux passagers et de nouveaux chauffeurs chaque mois, offrant ainsi une mobilité importante, surtout dans les quartiers périphériques, la dimension intelligente est déjà atteinte.

La partie la plus intelligente devra des municipalités afin que les villes obtiennent les meilleurs aspects de ce transport tout en minimisant les externalités de celui-ci. Et c’est là que les villes doivent être intelligentes, c’est-à-dire faire preuve d’un peu de prévoyance et trouver le juste équilibre entre le fait de laisser le marché fonctionner de lui-même ou le maîtriser là où il doit être maîtriser.

© Claude Forrest, 2019