Le 28 mars 2019, la ville d’Amsterdam a annoncé qu’elle prévoyait dépouiller systématiquement son centre-ville de ses places de stationnement, laissant ainsi la place à des pistes cyclables, à des trottoirs et à de plus en plus d’arbres1.

Dès l’été 2019, la ville réduira le nombre de personnes autorisées à stationner dans le centre-ville à environ 1 500 par an. En réduisant ainsi le nombre de permis de stationnement au centre-ville dont sont obligés de se munir les automobilistes, la ville retirera jusqu’à 11 200 places de ses rues d’ici la fin de 2025.

Dès lors, les espaces dégagés ne seront cependant pas laissés sans occupation. Au fur et à mesure que l’espace pour les voitures sera supprimé, celui-ci sera remplacé par des arbres, des stationnements pour vélos et des trottoirs beaucoup plus larges, ce qui permettra aux citoyens d’Amsterdam de voir et de sentir instantanément les avantages de ce qui sera toujours une politique controversée pour tous ceux qui préfèrent se déplacer en automobile.

Comment la ville peut-elle s’en tirer ? En termes simples, le conseil de ville s’est vu confier le mandat de le faire. En fait, étant donné que la ville est actuellement dirigée par une coalition de partis de gauche et de partis centristes dans laquelle le parti de la Gauche verte (GroenLinks) détient la plus grande part, la promesse électorale de réduire le nombre de places de stationnement faisait partie de l’entente initiale de la coalition. Il va sans dire qu’il n’est nullement question qu’aucun conducteur ne soit privé de son droit de se garer. Plutôt que de révoquer les permis, la ville ne remplacera tout simplement pas ceux qui seront abandonnés lorsque les conducteurs déménageront, abandonneront leur voiture ou décéderont. De cette façon, la ville estime qu’elle pourra se passer d’environ 1 100 permis par an par simple attrition.

Pour se départir d’encore plus d’espaces, la ville a d’autres tours dans son sac. Bon nombre des rues et des quais portuaires du centre-ville d’Amsterdam ont besoin d’être réparés et rénovés. À cause de la nature délicate du sous-sol d’Amsterdam, plusieurs rues ont besoin d’être réparées après avoir subi pendant tant d’années le choc, la pression et le poids des voitures. Il s’agit d’un problème courant et éminemment réparable, mais aussi un problème qui offre l’occasion de faire disparaître encore plus de véhicules à moteur des routes du centre historique de la ville. Entre-temps, d’autres rues importantes doivent être remodelées, et leurs espaces de stationnement seront également sur la sellette.

Ce retour en arrière peut sembler difficile pour les conducteurs, mais dans une ville où les pistes cyclables, les tramways, les autobus et le métro fonctionnent en symbiose, les voitures privées jouissent toujours d’une place non méritée. Seuls 22 % des trajets d’Amsterdam se font en voiture, alors que les conducteurs bénéficient encore de la grande majorité de l’espace routier. La plupart des trajets à Amsterdam se font en fait en vélo, mais malgré les efforts de la ville, les cyclistes sont toujours confrontés à une pénurie récurente de places de stationnement dédiés aux vélos.

L’élimination des espaces de stationnement (dont certains seront relocalisés dans des espaces souterrains) donnera aux piétons, aux cyclistes et aux arbres un peu plus d’espace pour respirer dans un secteur où les rues sont étroites et les droits de passage quelque peu contestés. Le stationnement dans le centre-ville d’Amsterdam deviendra de plus en plus difficile d’année en année, mais dans l’ensemble, la ville devrait respirer un peu mieux grâce à toutes ces interventions.